samedi 19 août 2017

Comme ça vient

Derniers jours de suspense
avant mon éventuel CDI



Et je ne sais absolument pas à quoi m'en tenir....
Alors c'est le moment de réfléchir un peu.


Je suis arrivée à Liège après deux évènements difficiles.... J'ai été blessée, je me suis sentie perdue et j'avais besoin de fuir, aller me reposer et prendre beaucoup de recul. J'étais soulagée que ce travail me tombe dessus: je recommençais ma vie ailleurs, même si c'était temporaire.

je ne pouvais espérer meilleure librairie puisqu'elle répondait à mes 3 critères:
_ En Belgique
_ Spécialisée en jeunesse
_ indépendante.


Le premier mois a été (très) difficile : je suis arrivée après une démission et un licenciement. J'ai donc été la source de méfiance. J'ai été prise sur motivation et non sur expérience, il fallait donc intégralement me former. Ma culture s'est avérée être fortement limitée; j'ai donc dû repartir de zéro, laisser mon expérience bruxelloise de côté et accepter qu'on me traite comme une novice. 
Je suis dépourvue d'orgueil, cela n'a donc pas été une question d'égo, de fierté mal placée.... Mais d'un manque de confiance en moi.
J'ai eu l'impression de ne pas être à ma place, légitime à ce poste. Que j'étais trop nulle.
D'autant qu'une collègue n'a pas été des plus patientes et n'a pas fait preuve de tact : "je n'ai pas le temps de faire mon travail, je dois te former et c'est très long". Merci. 
 
Vous comprendrez que ma motivation, elle était pas non plus sur ma face. J'ai été très stressée, de sorte que je ne veuille même plus conseiller les clients, reléguant la tâche à mes collègues qui savaient tout mieux que moi.


Bref, après un mois dans le brouillard, mon responsable de rayon est revenu de congés et Ô miracle, j'ai progressé en quelques jours.
Le secret ?
M'accorder de la confiance, et me parler d'égal à égal. (Mes autres collègues ont été adorables, attention, je ne remets pas ça en cause)

à peine à l'aise dans la grande librairie, je dois partir sur mon "vrai" lieu de travail, dans la seconde, en banlieue chic. 
ET JE DOIS TOUT RECOMMENCER !!

adaptation, lectures intensives, formation quotidienne


le tout avec mon mémoire et mon rapport de stage à rédiger à côté


Et j'ai donc la réponse mardi. Je dois remplir un test de personnalité et faire un point pendant deux heures dans le bureau de la directrice. Oh, dit comme ça, rien de bien méchant.... Mais si je vous disais que j'ai  eu droit à des "tu devras faire ça en septembre... enfin... si c'est toi qui reste", "si tu es encore là...",... Mon seul et unique collègue dans la petite librairie se délecte de mon angoisse: "tu vois bien qu'ils forment quelqu'un en ce moment, c'est très certainement ta remplaçante".
Voilà voilà, moi, je vis avec ça en tête, je travaille avec ce poids.






Je dois prendre cette épreuve avec philosophie:

_ Si je suis prise, c'est tant mieux : j'ai assez d'argent de côté pour m'inscrire à des cours de théâtre et pour passer ma théorie en conduite. J'aime les colocataires avec lesquels je vis et j'aime également le rythme de mes journées au sein de la librairie. Après tout, si, aujourd'hui, je dois me qualifier en quelques mots, je réponds sans réfléchir "libraire jeunesse". Mon métier est une partie de moi, cela prend une grande place dans ma vie. Peu importe qui m'entoure, ce sont les livres que je fréquente le plus. J'ai mes projets, je me projette véritablement.


_ Si je ne suis pas prise, tant pis:  c'est que je n'étais effectivement pas à ma place, et que quelque chose de meilleur m'attend ailleurs. Je ne peux simplement échouer. Pas après deux ans à me battre, pas après une reprise si rapide du travail, je ne suis même pas encore diplômée, mon mémoire n'est même pas encore entièrement rédigé. Je suis à 3 jours d'un éventuel CDI. Tout ne peut pas s'arrêter comme ça sans raison. Je trouve que la plupart des épreuves qui m'ont été envoyées depuis quelques années sont trop rudes, injustes. Mais j'ai décidé de toujours me relever pour continuer mon chemin, celui du bonheur. Mon bonheur est d'être libraire jeunesse. Et si ce n'est pas ici, je suis persuadée que j'aurais plus de sympathie qu'on ne m'en a témoigné jusqu'à présent.

Ma pause déjeuner étant terminée, je file.



à mardi !



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