samedi 23 mai 2020

Va te faire #Nouvellesexpériences

REMEMBER?

juin 2017, j'allais me faire magnétiser  (article #Vatefairemagnétiser) et vous donnais mes impressions. J'ai beaucoup aimé faire ces articles. 

Sachez que depuis, j'ai été me faire :



 100 heures de méditation
Hypnotiser pour guérir d'une phobie
Une thérapie cognitive et comportementale
 Prédire mon avenir par une médium
Harceler moralement 
Soigner par du reiki
 Tirer les cartes par un wicca
Purifier mon appartement par ce wicca
Introspecter par des recherches personnelles
Mon thème astral par un étudiant en astrologie




Tel un phœnix, ce genre d'articles va renaître de ses cendres.

Je n'affirme pas croire en toutes ces pratiques, je suis simplement curieuse et j'ai fait le choix de les expérimenter par moi-même avant de me faire mon propre avis.

Bien évidemment, chacune de ces expériences aura droit à son propre article.


Laquelle vous intéresse en priorité?

Pour les curieux UPDATE


Alice
29 ans 
Un chat : Naftaline
Future ex-libraire jeunesse
En énième transition et introspection


Développement personnel

Apprentie cartomancienne

Adepte de la méditation

& autres pratiques



 

Et des passions solitaires que je partagerai ici

lundi 31 décembre 2018

Lettre à moi-même #3

Chère Alice du futur,

j'ai déjà hâte que tu lises cette lettre de là où tu es : 31 décembre 2019 ! Comme tu es loin, et comme je sais que je suis déjà fière de toi. J'espère que tu le seras de moi aussi, parce que depuis quelques jours, je suis tellement dure envers moi-même. Prends par exemple ce réveillon, j'aurais pu le passer chez les amis de Marie, l'invitation était sincère et ne demandait qu'un oui. J'aurais dû bien évidemment : Marie me manque, nos librairies respectives nous épuisent, mes cours à la fac sont terminés et retourner à Lille me sera douloureux dorénavant. J'ai conscience de tout ça. Mais je tenais à aller au bout de mon entreprise, je teste mon endurance, ma discipline et ma motivation. Je devais faire un retour réflexif sur cette année, et c'est pourquoi je suis dure. Parce que j'endure, depuis un an. 

Comme je suis tentée de refaire cette année à l'envers! C'est comme ça qu'elle me vient, certaines choses sont si vives, encore vivantes dans mon esprit. Non plus l'espoir Alice, mais la douleur. Il me faut pourtant faire les choses dans l'ordre pour avoir un réel bilan de toutes ces expériences, ces moments si forts, beaux, tristes, démoralisants, extraordinaires. Je ne sais pas encore si j'ai aimé ou détesté cette année, suis-je capable d'éprouver une réelle gratitude? Peuvent-ils mesurer l'étendue de mes progrès? Ne devrais-je pas tous te les attribuer? J'ai simplement l'impression que je déblaie le chemin que tu emprunteras, rien de plus. Mais c'est bien moi qui cherche le chemin, je peux au moins me contenter de ça.

 En janvier 2017 j'avais le CDI, le petit studio rue Pointin et des ordres : canalise-toi et débarrasse-toi de ta phobie des ballons de baudruche. J'étais mue par une force : la volonté. Je pressentais les défis, le dépassement de moi et la nécessité de m'intégrer à Amiens, pour enfin me projeter dans cette vie dont j'ai rêvé un certain été de 2015. Alors j'ai persévéré dans la méditation, j'ai pris rendez-vous chez une hypno-thérapeute et j'ai ouvert mon cœur à un nouvel ami. Je pensais que cette année était la bonne : enfin le couple, la stabilité, l'amour qui guérit de tous les maux! Je suis encore sidérée par cette naïveté qui m'est propre. Cette année, Alice, les hommes que j'ai aimé n'ont fait que salir cette innocence. La première nuit avec lui a été blanche, je partai le matin même donner mon premier cours à l'université de Lille, rayonnante malgré un épuisement que je n'ai su compenser en repos. Le drame s'est fait par étape, je peux lire sur mes photos Instagram : "il flippe", "je renoncerais à tout pour garder cette force et  cette liberté, même à toi. à toi qui m'écrases de tout ton poids la poitrine", "dans ces mondes-là, tu ne me fais pas mal". Je me souviens de cet acharnement non pas pour remonter à la surface mais pour aller chercher ce tout début de relation au fond de l'eau. J'attendais quelques mots, des miettes de rien pour finalement me noyer dans mes propres larmes, aux tréfonds de mes angoisses. Il m'a dit que j'avais réveillé ses vieux démons, moi, je lui ai affirmé qu'il filait à bouffer aux miens. Je me souviens de cette nuit blanche de février où j'ai cru mourir, revivant une scène qui m'est encore insoutenable. Ma directrice a vu mon visage le lendemain et m'a demandé de rentrer chez moi, j'avais si peur que le médecin me refile cette saloperie de diazépams... Il m'a conseillé de prendre des plantes et de laisser une autre chance au temps. Alors j'ai arrêté mes conneries : j'ai déménagé, j'ai cherché un chat et j'ai arrêté d'attendre son retour. Il est revenu, l'enfer a recommencé, en pire. Les sentiments n'y étaient certainement plus, il s'est simplement contenté de jouer sur les mots et de venir en pleine nuit, ivre et/ou défoncé pour du mauvais sexe. J'y croyais encore, j'y ai cru jusqu'en août, j'ai honte. Honte d'avoir appelé ce type mon ami, honte d'avoir eu autant de chagrin et d'avoir persisté autant de temps pour... Un nouvel abandon, en me balançant simplement que oui, il a eu des sentiments. Je n'ai aucun souvenir d'avoir été respectée, et ce dès le premier baiser. Je me suis sentie sotte, humiliée et responsable de cette humiliation. Mais tu sais, Alice, j'ai fait plus fort que ça : dans les jours qui ont suivi cette séparation des corps et des biens, je suis allée me fracasser sur les pierres qui font la base de ma muraille. Je sais, j'avance de 9 mois dès le premier paragraphe mais tu n'as maintenant plus de difficulté à comprendre d'où vient cette dureté. Il m'est intolérable qu'on me parle de progression, je n'ai constaté que d'horribles échecs, désillusions et souffrances pourtant inutiles.

Restons sur la souffrance : mon dos. des lumbagos à répétition, dont le premier qui a perduré un mois, sans que je ne m'en alarme. Les collègues qui se foutent de ma gueule quand je me prends cette décharge électrique. Ils s'amusent même à mettre deux livres par carton. On me dit que c'est ma faute, je me tiens mal, et puis on me reproche mon arrêt maladie alors qu'on me refuse l'accident de travail. J'aurai finalement mes saloperies de Diazépams, et ce que j'en ferai, Alice, je peux pas l'écrire ici. La méchanceté est venue de toutes parts, et surtout des plus proches : chacun y allait de son avis, les "on se dit tout" sont devenus des "je ne suis au courant de rien", pour finalement ne plus parler du tout aujourd'hui. Les rumeurs disaient que je simulais, qu'on me cite quelqu'un qui, pour rester trois jours chez elle, se paie deux séances d'ostéopathe, un tapis et un manuel de gainage, un sac adapté? Je ne parle pas de mes séances d'hypnose non-remboursées, 90 euros l'une.

Bon, j'ai passé mes nerfs en relatant ces mois difficiles. Je peux aborder ce qui a été construit : j'ai ce studio à la taille d'un vrai nid, que j'aménage encore pour le rendre totalement personnel. Pas plus tard qu'hier, j'aménageais un coin pour le yoga qui, ma foi, est ravissant! Je colle un tas d'images que j'amasse et entasse depuis des années, il est temps de poser tout ça contre les murs et de contempler. Naftaline est arrivée dans ma vie en mai, mois où j'ai coupé 10cm de ma féminité et que j'avais pour ambition de faire peau neuve, le pelage de mon chat vaut toutes les peaux de chagrin du monde. Elle est là, je me sens enfin responsable à juste titre et mes nuits sont certes plus courtes mais toutes vraiment magnifiques. Elle est la première vision après mes cauchemars, ça les estompe.

Dans cet immeuble j'ai rencontré Jimmy qui, quand il n'est pas centré sur son pénis, est vraiment gentil, et excellent coach sportif. C'est auprès de lui aujourd'hui que je cours, que je m'étire et que j'espace de moins en moins ces séances. Alice, il est loin d'être parfait mais il sait reconnaître les efforts que je fournis, persiste à mettre tes baskets et à t'élancer. Je tiens 40 minutes, je sais que tu feras plus et que, contrairement à moi, tu réussiras à mettre tes mains au sol et démontrer ta souplesse. Dans cette rue j'ai rencontré un voisin aussi charmant que maladroit, je sais que tu trouveras le bon moment pour lui relaisser un mot sur son parebrise. Dans cette ville j'ai rencontré énormément de cons, mais aussi des lecteurs enfants, ados, adultes, des qui ont confiance en moi et me remercient pour ce que je fais, pour ces clubs de lecture, ces petits cadeaux que j'aime parfois leur faire, pour l'amour que je mets dans mes conseils, pour la sincérité que j'ai dans mon métier. Je les aime tellement ceux-là, et j'espère que tu les aimeras plus encore.
Cette année j'ai rencontré mon idole : Marie-Aude Murail, je crois que seul Boris a compris toute la magie de ce moment, ce que j'entendais par "elle m'a parlé avec les yeux, c'est une gourou!!". Je pensais être maudite et ne jamais l'apercevoir, j'ai maintenant une connexion avec elle, et son petit mot dans mon exemplaire de "oh boy". J'ai également rencontré un auteur qui avait le culot d'être gentil, drôle, intelligent et passionnant. J'ai eu pour mission de passer la journée entière avec lui, de l'écouter me féliciter devant ma directrice. Je suis la seule à conseiller son roman, et je suis sa première vente en France : 90 exemplaires d'un premier roman. Impensable, énorme, et c'est moi qui ai fait ça.

En plus de ces belles rencontres j'ai retrouvé quelqu'un. Inchangé, malgré les épreuves. Dans le meilleur, dans le pire. J'ignore à quel moment j'ai reglissé mais plutôt crever que d'invalider ce qu'on s'est dit le 18 septembre. Aujourd'hui je souffre, beaucoup. Je n'ai pas le courage de lui poser la question qui m'obsède, je suis incapable d'abréger la souffrance qui me consume tous les jours, je crois que cette lourde tâche t'incombera, Alice, n'hésite pas à faire un retour en 2017 pour constater comme je souffre quotidiennement de mon impuissance et de l'énergie que je déploie à me pavaner. Heureusement que je convertis cette énergie à la course, au yoga, aux rêves, à la réalisation de quelques projets comme la reprise de la guitare, les cours à la fac qui ont plu aux étudiants, ce voyage en Irlande avec Damien, le choix d'être seule en ce 31 décembre pour réfléchir à toute cette année écoulée. Je sens que j'ai posé les rails, c'était difficile parce que j'ai passé ces derniers mois sous l'eau, et chaque message de lui était la lumière du phare, mais je me trompe de côte, je me trompe de méthode pour remonter à la surface : j'ai de la force dans les pieds, les câlins de mes amis sont les meilleures des bouées et je ne dois plus craindre le silence. Je ne me prends plus pour un renard, mais j'ai toujours et désespérément besoin de me raccrocher à quelque chose pour me sentir vivante. Alors je fais appel à mon entêtement, et il me gueule que je suis forte, alors je me prive de sortir pour m'exercer à m'aimer moi, à m'offrir du temps, à maîtriser mes angoisses et ce sentiment de vide. J'ai des lectures ciblées et des objectifs très concrets, Alice, on a qu'à dire que 2019 c'est la bonne et que tu pourras me le confirmer.

On me parle de progrès ces dernières semaines, mais ce n'est que depuis quelques jours que je fournis les efforts. Souviens-toi de ce qui a compté : ce master, eux, Bruxelles, l'espoir à Amiens, la réconciliation et rien que ça, les fidèles qui n'oublient pas ton anniversaire, l'amour qui n'est pas qu'un mec dans ton lit, et puis ton envie increvable d'être la vraie et la meilleure version de toi-même.

AIME-TOI!!

dimanche 31 décembre 2017

Lettre à moi-même #2

Chère Alice de 2018 (dans onze heures, quoi),

Mes résolutions pour cette nouvelle année sont prises depuis déjà quelques semaines. Mieux encore : je les applique avant. Il n'y a pas de bon jour pour entamer un nouveau chemin, pour gravir une nouvelle montagne. Qui aurait cru qu'en 2017, j'allais avoir mon tout premier anniversaire surprise, faire le stage de mes rêves, découvrir une nouvelle ville belge le temps d'un été pour y trouver de merveilleuses personnes et avoir la meilleure formation possible quant à mon futur métier, rédiger mon mémoire sur le renard du petit prince, avoir une proposition de composition d"un livre, valider mon master, retourner à Filigranes, démissionner de Filigranes, trouver LA librairie deux semaines plus tard, être prise après dix minutes de discussion, avoir mon CDI pile à la fin de l'année, faire la paix avec les autres Caroline de la terre, avoir une belle-sœur tellement merveilleuse qui rend mon frère si heureux, dire "merde" à la marâtre qui a volé treize années de ma vie, avoir fait fi du qu'en-dira-t-on et refusé les solutions faciles.

Bien évidemment, cette année n'a pas été parfaite : je ne pensais pas aussi mal vivre une colocation... je ne suis absolument pas faite pour m'entendre avec les italiennes. J'ai vécu ce que je ne voulais plus revivre : décevoir des amis. Prendre leurs foudres m'a fait mal, d'autant que la seconde fois m'a semblé tellement injuste. Je n'ai pas été des plus généreuses non plus : l'incertitude des mes sentiments a rendu mon ex malheureux, je n'ai cessé de le tourner en bourrique, changeant constamment d'avis, au point de lui faire perdre confiance en l'amour. Moi qui suis toujours à me lamenter sur ma première grande histoire d'amour, j'ai hélas reproduit ce qu'on m'a fait à moi. Je ne me sens pas entièrement coupable : ma tempe a été une cible et cela m'a douloureusement rappelé que je ne sais toujours pas mettre un terme aux choses qui me font mal. Je dois aller plus loin que le bout du bout du bout. Enfin, la mort a emporté deux personnes de ma famille, intimement liées à mon enfance. Elles ont été pour moi des modèles de douceur. L'une d'elles, mourante, n'a cessé de me répéter qu'elle était heureuse pour moi. 

J'ai eu beaucoup d'amour en 2017. Assez pour que mes amis trouvent le courage de me dire quand je merdais. Je peux vous dire qu'ils ont eu une patience à inscrire dans le livre des records. Tous ne vantent que mes victoire mais, moi, je me souviens que c'est grâce à leur présence dans mes nombreux échecs contre moi-même que je suis montée sur une estrade il y a peu de temps pour recevoir mon diplôme, un long discours et des félicitations. Je n'oublie pas ceux qui me portent, me supportent, emportent avec leurs oreilles attentives toutes mes angoisses. Merci à eux, jamais je ne pensais ressentir encore autant d'amour pour des êtres humains. Alice du futur, je te charge de leur rendre cette force, ces attentions et cet amour sans failles.

La seconde moitié de l'année 2017 a été difficile : je l'ai passée seule. Très seule. Seule à Liège durant deux mois, seule à Liévin par deux fois sans savoir ce que j'allais devenir, seule à Bruxelles pendant 5 jours sans vraiment savoir si j'allais pouvoir rester, et seule à Amiens, juste fatiguée d'être seule dans une ville que je ne connais pas avec simplement le travail comme attache. C'était pourtant mon choix : quitter Lille, rompre avec ces sept années de souvenirs. Je ne voulais plus recroiser mes anciennes fréquentations toxiques, ne plus le recroiser lui, et surtout pas avec elle. Je voulais devenir une femme, vivre ma vie d'adulte. Je ne pensais pas que tout s'enchaînerait après le master. Mais j'ai tenu bon, m'accrochant à tout le positif de 2017 : je n'avais pas fait tout ça pour rien. Le voyage a été long, mais je suis arrivée à bon port. Il me reste maintenant quelques conseils à te donner, Alice du futur, pour continuer sur la lancée :

Médite, nage, chante, écris des lettres pour verbaliser tes maux, fixe ton cadre, dépasse-le, sois maîtresse de ton corps et de ton esprit, cesse de te prendre pour un renard, n'ai plus peur des hommes et du bruit des fusils, souviens-toi de toutes ces victoires et que TU NE MÉRITES PAS de souffrir. Ne prends les critiques qu'avec tes oreilles et non avec le cœur, ne laisse à plus personne le droit de te faire du mal, tiens bon quand tu es certaine de ton choix, pense à toi mais n'oublie pas de remercier, de poser l'intention et de laisser de la place aux autres. Et, enfin et surtout, attention lorsque tu marches pieds nus!

dimanche 10 septembre 2017

Liste de mes envies #1






Privilégier le cocooning






 Tasse de Maisons du monde
4€99


 
Maison Bourgeon, 8€30
  • hibiscus
  • thé vert
  • framboises
  • thé blanc
  • fleurs de carthames
  • fèves de cacao
  • boutons de roses




Pull Picture Organic Clothing
99€99



Livre disponible en librairie
14€90

mardi 29 août 2017

Lettre à moi-même #1

Ma chère Alice du passé,

Il est conseillé par je ne sais trop qui de faire cet exercice: s'adresser à la personne qu'on a été, et même à qui nous serons. Je n'ai pas envie de te mentir, je ne sais pas ce que nous allons devenir, mais je peux tenter de t'apaiser un peu cette nuit, pour m'apaiser moi-même.

Je pense que tu as vingt-deux ans, du moins, c'est à ce moment de notre vie à qui j'ai envie de dire des choses. On va être honnêtes, toi et moi, tu en chies. T'es seule, tu détestes cette résidence universitaire, tu as redoublé ta licence et tu détestes encore plus l'université qu'avant... En parlant de l'université, cette année-là... Vas-y, tous les jours s'il le faut. Parce qu'il y a UNE personne que tu croises et avec qui tu as plaisir à parler. S'il te plaît Alice, je te le demande comme un service, profite de sa présence, essaie de l'écouter. Parce que tu auras des regrets plus tard. Tu ne vis plus à côté de chez lui, mais tu peux toujours aller dans cette grande coloc leur rendre visite, ils étaient là dans des moments très importants si tu y penses bien. Ne fais pas la même erreur que moi, ces putains de regrets et cette honte jusqu'à me cacher pour pleurer. Enfin, pour ce qui est du bilan, tu constates que tes amis ne t"aident pas et tu t'obstines à te teindre les cheveux en noir. Alice, tu en chies. Et tu vas en chier encore un sacré paquet de temps.

Mais, pour te donner de bonnes nouvelles, tu vas te bouger le cul. Même si tu vas le faire tard, et que tu vas encore commettre les mêmes erreurs plusieurs fois avant de retenir les leçons que la vie te donne. Alice, il serait temps d'arrêter de le perdre, ce temps! J'ai tout d'abord très envie de te conseiller d'arrêter de toucher à tes cheveux: aucune couleur ne le fera revenir. Rien de ce que tu pourras t'infliger n'apaisera les choses en lui ou en toi. Surtout pas en toi. Je sais que tu t'en veux, comme jamais tu ne t'es sentie coupable jusqu'alors. Mais crois-moi: ça va aller. Tu vas tellement changer.

Tu vas enfin arrêter de porter capillairement ton deuil... Tu vas avoir la très mauvaise idée de te refaire une frange, très longue de surcroît, mais elle sera très importante : tu es libre de la faire. Tu auras un premier pied de mis à Bruxelles, pour aller faire des photos dans un endroit qui t'a fait rêver.... Une des photos aurait pu changer le cours de notre vie, non pas parce que tu as manqué de mortellement chuter mais parce qu'une personne que tu admires depuis très exactement la même période te regardera. Il arrêtera de te regarder, mais ça, c'est parce que tu l'auras décidé. Ne regrette pas, tu n'étais prête à rien, chaque tentative, pendant les premières années, n'ont franchement pas été de bonnes idées. Aujourd'hui encore, ce ne sont toujours pas de bonnes idées.

Tu vas vivre énormément d'expériences, parce que tu vas repartir à la recherche de qui tu es. Oh, tu vas en faire, des mauvaises rencontres, et des détours, et prendre des chemins obscurs et dangereux. Mais tu vas développer ton courage et réveiller une force intarissable qui dormait au plus profond de toi. J'aimerais que tu sois moins abrupte que moi et que tu découvres cette force autrement que par la colère. Parce que tu vas crier, hurler, pleurer de rage. En vouloir à la planète entière. T'en prendre aux bonnes personnes, mais de la mauvaise manière. Tâche de ne pas chercher trop de raisons pour mettre fin aux choses, aux relations. Je te rassure : on survit lorsque ceux qu'on a aimé nous déteste. Ce n'est pas grave si tu n'es pas aimée de tous, toi non plus, tu n'aimeras plus grand monde pendant un moment.

J'aimerais te conseiller d'arrêter de céder aux chantages affectifs, d'étouffer la petite voix en toi qui te supplie de t'écouter. Un "non", un seul non, aurait pu t'épargner bien des souffrances. Sache que les humains sont des animaux et gardent leurs instincts : c'est la loi du plus fort, et avant de devenir une battante, tu seras très vulnérable, et beaucoup en profiteront. Je ne te parle pas de la sphère intime, ça, c'est tes schémas depuis toujours... Je te parle travail, de gens qui te dominent professionnellement. Fais attention à toi, et remercie toujours Pauline parce qu'elle est toujours et encore là... et qu'on arrive presque à en rire de tout ça aujourd'hui.

Si tu ne suis pas mes conseils, tu vas tout de même réussir à dire merde, et puis à dire stop. Il faudra attendre que tu rencontres la mort: celle d'une personne qui va changer le cours de ta vie. Mais tu auras sur toi une cicatrice, juste derrière ton épaule droite, que tu garderas toute ta vie. Tu pourras l'arborer fièrement, elle est la trace de ce qu'a été notre si chère seconde maman et le point de départ à un grand travail que j'achève et qui a pris deux ans. Mais avant ça, Alice, tu vas rencontrer ta nouvelle meilleure amie, tandis que l'ancienne deviendra aussi mauvaise que du poison. En arrivant enfin chez vous, après un trajet en voiture qui aurait pu te coûter la vie, tu comprendras que tu vaux mieux que du mépris qu'on te donne depuis des mois. Tu vas mettre deux semaines à partir. Tu prendras conscience de toutes les humiliations que tu t'ai faite subir en traînant avec une personne qui, finalement, était insipide et hautement toxique... Si c'est là le prix de la liberté et d'une leçon définitivement apprise, c'est tant pis pour toi.

Et non, tu ne seras pas tranquille à ce moment-là: un retour chez maman de quelques mois, un boulot aussi fugace qu'invivable et un dernier Virton.... où tu vas pleurer tous.les.jours. Il est inutile que je précise à qui tu vas faire tes adieux. Oh, ça va aller... il te donnera une belle leçon lui aussi : tu n'aurais pas dû écouter les autres et te faire confiance. Tu te feras confiance et tu n'auras rien à te reprocher, jusqu'à la dernière seconde, une des plus ultimes de ta vie, mais ta première crise d'hyperventilation te ramènera à ce monde de brut (félicitation pour les étages que tu as su monter avant de t'évanouir à moitié, je ne sais toujours pas comment on a fait). Je peux te consoler un peu : c'est dans ce même camp Virton que tu monteras un très grand et très beau plan. Tu voudras être libraire à Bruxelles, et tu en auras tellement envie, que ça se réalisera. Pile là où tu veux, le lendemain de ta candidature!!!!! (tu candidateras un an plus tard, un peu de patience). 

Je te promets que la suite est plus heureuse : tu seras prise dans ce master, tu rencontreras ton futur directeur qui croira et qui croit encore en toi. N'aie pas peur si tu es refusée la première fois.... Mais évite d'aller faire remonter ta lettre de réclamation jusqu'à la présidente de l'université, ton directeur n'hésite pas à ressortir l'anecdote et en cours, et au bar !
Bref, tu seras prise la seconde fois, grâce à ta détermination. Tu sais ce que tu veux faire dans ce master, pourquoi tu y es. Ne tarde pas à te mettre au travail, parce que je subis cette nuit et les six jours qui suivent le prix de cette peur paralysante, cette fausse procrastination qui hurle "je ne vais jamais y arriver". Quand j'ai voulu t'écrire i y a une heure, je n'étais certaine de rien. Mais je sais maintenant que nous allons y arriver.

Tu vas donc faire un beau mémoire de recherche sur un animal qui représente cette personne si chère qui tu as perdu après tonton et pépé. Tu verras, c'est une très belle aventure, chaque découverte te sera belle et précieuse, beaucoup de personnes vont t'aider, te donner. Tu ne seras plus seule Alice : ce master accueille des êtres uniques, extraordinaires, merveilleux. Ils vont apprendre à te connaître, à t'aimer comme tu es. Parce que tu en sauras plus sur qui tu es, en grande partie grâce à eux. La première année ne sera pas forcément très simple : 2015 aura été une saloperie jusqu'au bout, après Virton, un connard de médecin qui ne te connaît pas te donnera des médicaments. Ne les prends pas, surtout pas. Ils ne te conduiront jamais à de bons endroits (sauf à la montagne où tu trouveras un des plus beaux pulls du monde, longue histoire). N'attends pas l'année suivante pour les rendre à la première pharmacie que tu croises.

Enfin, je te le répète, ça va aller : l'été sera merveilleux, tu trouveras ta place dans une autre colonie, avec des gens fabuleux, notamment un vieille amie de Virton que tu retrouveras à tes 25ans. Tu iras voir Marine avant septembre, en Alsace (vous vous entendez le mieux du monde, tu as pleuré toutes les larmes de ton corps quand elle a déménagé), mais alors tu apprendras qu'un être humain peut choisir de se donner la mort. Tu vas pleurer, oh oui tu vas pleurer, je te conseille de ne pas rougir sur ton immense chagrin, il sera véritable et quelqu'un qui le comprendra reviendra dans ta vie. Tu comprendras qu'il ne faut jamais plus avoir de regret, et qu'il faut accepter d'arrêter de se voir à travers les yeux d'autrui. Tu ne peux pas prétendre savoir ce qu'ils pensent. Pense pour toi, pense à toi et c'est tout.

Tu auras la charge de "poussins" (je te laisse la surprise de découvrir ça par toi-même) où ton instinct maternel se réveillera, lui aussi. Tu devras faire attention, très attention : un sentiment très fort, qui s'exprime pour une attirance et une envie de protéger un être, ce n'est pas la même chose que tomber amoureuse. J'aimerais t'épargner le coup de poing que tu te prendras au-dessus de la tempe pour bien saisir la nuance, mais je manque de recul, cette fois-ci, pour te dire si la relation en a valu ou non la peine. 
Enfin, pour revenir un peu en arrière, tu feras ton stage là où, un soir dans ton lit à Virton, tu as voulu être. Tu fantasmes déjà? Eh bien, la réalité sera plus belle encore que tes rêves. Profite de ces quatre beaux mois. Ils vont être merveilleux... Fais ton rapport de stage quand même, c'est précisément à cause de ça que je suis dans la merde.

Ton dernier retour en date chez maman sera court : un mois. Tu retrouveras vite du boulot, tu auras même le choix. Je ne sais pas si, comme moi, tu feras celui-ci (je pense que oui, on est têtues), mais tu ne signeras pas de CDI là-bas. C'est dommage parce que tu adores la vie à Liège, et que je n'ai pas vraiment de plan B, mais ces derniers jours, seule face à toi-même dans la coloc, tu verras, tu feras des merveilles sur ton mémoire et en toi. Sors, bois, danse. Ne regrette rien. Vis, tu seras vivante Alice. Tu aurais fait un long chemin qui n'aura pas été linéaire, semé d'amour et de voyages comme je l'espère ardemment ce soir, mais tu auras fait au mieux, ce que tu pensais être juste. 

Alice, tu vas te pardonner. Réussir à te regarder bien en face, te trouver belle, savoir ce que tu vaux, voir tout le chemin parcouru. Et tu parviendras toujours à regarder devant, même si tu regarderas bien trop souvent en arrière.

J'ai une dernière consolation : Alice du futur nous écrira!!!!! ça doit être très enthousiasmant d'écrire à son futur, on lui écrira et elle nous répondra. Je pense que j'ai besoin de lui écrire à elle aussi... Parce que j'ai besoin de savoir si on survit, sans son diplôme universitaire pour lequel on se bat depuis deux ans, sans travail à 26 ans, sans copain et sans vraiment avoir pu retomber amoureuse. 
Peut-être que j'aurai ce diplôme, que je pourrai rester vivre à Liège  et y faire ma vie. Mais tu n'as pas à porter le poids de ces questions, juste à bien prendre le temps de lire cette lettre pour appliquer mes conseils.

Prendre du recul sur ton présent. Relativiser. Te pardonner. T'aimer, comme je t'aime.

samedi 19 août 2017

Comme ça vient

Derniers jours de suspense
avant mon éventuel CDI



Et je ne sais absolument pas à quoi m'en tenir....
Alors c'est le moment de réfléchir un peu.


Je suis arrivée à Liège après deux évènements difficiles.... J'ai été blessée, je me suis sentie perdue et j'avais besoin de fuir, aller me reposer et prendre beaucoup de recul. J'étais soulagée que ce travail me tombe dessus: je recommençais ma vie ailleurs, même si c'était temporaire.

je ne pouvais espérer meilleure librairie puisqu'elle répondait à mes 3 critères:
_ En Belgique
_ Spécialisée en jeunesse
_ indépendante.


Le premier mois a été (très) difficile : je suis arrivée après une démission et un licenciement. J'ai donc été la source de méfiance. J'ai été prise sur motivation et non sur expérience, il fallait donc intégralement me former. Ma culture s'est avérée être fortement limitée; j'ai donc dû repartir de zéro, laisser mon expérience bruxelloise de côté et accepter qu'on me traite comme une novice. 
Je suis dépourvue d'orgueil, cela n'a donc pas été une question d'égo, de fierté mal placée.... Mais d'un manque de confiance en moi.
J'ai eu l'impression de ne pas être à ma place, légitime à ce poste. Que j'étais trop nulle.
D'autant qu'une collègue n'a pas été des plus patientes et n'a pas fait preuve de tact : "je n'ai pas le temps de faire mon travail, je dois te former et c'est très long". Merci. 
 
Vous comprendrez que ma motivation, elle était pas non plus sur ma face. J'ai été très stressée, de sorte que je ne veuille même plus conseiller les clients, reléguant la tâche à mes collègues qui savaient tout mieux que moi.


Bref, après un mois dans le brouillard, mon responsable de rayon est revenu de congés et Ô miracle, j'ai progressé en quelques jours.
Le secret ?
M'accorder de la confiance, et me parler d'égal à égal. (Mes autres collègues ont été adorables, attention, je ne remets pas ça en cause)

à peine à l'aise dans la grande librairie, je dois partir sur mon "vrai" lieu de travail, dans la seconde, en banlieue chic. 
ET JE DOIS TOUT RECOMMENCER !!

adaptation, lectures intensives, formation quotidienne


le tout avec mon mémoire et mon rapport de stage à rédiger à côté


Et j'ai donc la réponse mardi. Je dois remplir un test de personnalité et faire un point pendant deux heures dans le bureau de la directrice. Oh, dit comme ça, rien de bien méchant.... Mais si je vous disais que j'ai  eu droit à des "tu devras faire ça en septembre... enfin... si c'est toi qui reste", "si tu es encore là...",... Mon seul et unique collègue dans la petite librairie se délecte de mon angoisse: "tu vois bien qu'ils forment quelqu'un en ce moment, c'est très certainement ta remplaçante".
Voilà voilà, moi, je vis avec ça en tête, je travaille avec ce poids.






Je dois prendre cette épreuve avec philosophie:

_ Si je suis prise, c'est tant mieux : j'ai assez d'argent de côté pour m'inscrire à des cours de théâtre et pour passer ma théorie en conduite. J'aime les colocataires avec lesquels je vis et j'aime également le rythme de mes journées au sein de la librairie. Après tout, si, aujourd'hui, je dois me qualifier en quelques mots, je réponds sans réfléchir "libraire jeunesse". Mon métier est une partie de moi, cela prend une grande place dans ma vie. Peu importe qui m'entoure, ce sont les livres que je fréquente le plus. J'ai mes projets, je me projette véritablement.


_ Si je ne suis pas prise, tant pis:  c'est que je n'étais effectivement pas à ma place, et que quelque chose de meilleur m'attend ailleurs. Je ne peux simplement échouer. Pas après deux ans à me battre, pas après une reprise si rapide du travail, je ne suis même pas encore diplômée, mon mémoire n'est même pas encore entièrement rédigé. Je suis à 3 jours d'un éventuel CDI. Tout ne peut pas s'arrêter comme ça sans raison. Je trouve que la plupart des épreuves qui m'ont été envoyées depuis quelques années sont trop rudes, injustes. Mais j'ai décidé de toujours me relever pour continuer mon chemin, celui du bonheur. Mon bonheur est d'être libraire jeunesse. Et si ce n'est pas ici, je suis persuadée que j'aurais plus de sympathie qu'on ne m'en a témoigné jusqu'à présent.

Ma pause déjeuner étant terminée, je file.



à mardi !