Mes résolutions pour cette nouvelle année sont prises depuis déjà quelques semaines. Mieux encore : je les applique avant. Il n'y a pas de bon jour pour entamer un nouveau chemin, pour gravir une nouvelle montagne. Qui aurait cru qu'en 2017, j'allais avoir mon tout premier anniversaire surprise, faire le stage de mes rêves, découvrir une nouvelle ville belge le temps d'un été pour y trouver de merveilleuses personnes et avoir la meilleure formation possible quant à mon futur métier, rédiger mon mémoire sur le renard du petit prince, avoir une proposition de composition d"un livre, valider mon master, retourner à Filigranes, démissionner de Filigranes, trouver LA librairie deux semaines plus tard, être prise après dix minutes de discussion, avoir mon CDI pile à la fin de l'année, faire la paix avec les autres Caroline de la terre, avoir une belle-sœur tellement merveilleuse qui rend mon frère si heureux, dire "merde" à la marâtre qui a volé treize années de ma vie, avoir fait fi du qu'en-dira-t-on et refusé les solutions faciles.
Bien évidemment, cette année n'a pas été parfaite : je ne pensais pas aussi mal vivre une colocation... je ne suis absolument pas faite pour m'entendre avec les italiennes. J'ai vécu ce que je ne voulais plus revivre : décevoir des amis. Prendre leurs foudres m'a fait mal, d'autant que la seconde fois m'a semblé tellement injuste. Je n'ai pas été des plus généreuses non plus : l'incertitude des mes sentiments a rendu mon ex malheureux, je n'ai cessé de le tourner en bourrique, changeant constamment d'avis, au point de lui faire perdre confiance en l'amour. Moi qui suis toujours à me lamenter sur ma première grande histoire d'amour, j'ai hélas reproduit ce qu'on m'a fait à moi. Je ne me sens pas entièrement coupable : ma tempe a été une cible et cela m'a douloureusement rappelé que je ne sais toujours pas mettre un terme aux choses qui me font mal. Je dois aller plus loin que le bout du bout du bout. Enfin, la mort a emporté deux personnes de ma famille, intimement liées à mon enfance. Elles ont été pour moi des modèles de douceur. L'une d'elles, mourante, n'a cessé de me répéter qu'elle était heureuse pour moi.
J'ai eu beaucoup d'amour en 2017. Assez pour que mes amis trouvent le courage de me dire quand je merdais. Je peux vous dire qu'ils ont eu une patience à inscrire dans le livre des records. Tous ne vantent que mes victoire mais, moi, je me souviens que c'est grâce à leur présence dans mes nombreux échecs contre moi-même que je suis montée sur une estrade il y a peu de temps pour recevoir mon diplôme, un long discours et des félicitations. Je n'oublie pas ceux qui me portent, me supportent, emportent avec leurs oreilles attentives toutes mes angoisses. Merci à eux, jamais je ne pensais ressentir encore autant d'amour pour des êtres humains. Alice du futur, je te charge de leur rendre cette force, ces attentions et cet amour sans failles.
La seconde moitié de l'année 2017 a été difficile : je l'ai passée seule. Très seule. Seule à Liège durant deux mois, seule à Liévin par deux fois sans savoir ce que j'allais devenir, seule à Bruxelles pendant 5 jours sans vraiment savoir si j'allais pouvoir rester, et seule à Amiens, juste fatiguée d'être seule dans une ville que je ne connais pas avec simplement le travail comme attache. C'était pourtant mon choix : quitter Lille, rompre avec ces sept années de souvenirs. Je ne voulais plus recroiser mes anciennes fréquentations toxiques, ne plus le recroiser lui, et surtout pas avec elle. Je voulais devenir une femme, vivre ma vie d'adulte. Je ne pensais pas que tout s'enchaînerait après le master. Mais j'ai tenu bon, m'accrochant à tout le positif de 2017 : je n'avais pas fait tout ça pour rien. Le voyage a été long, mais je suis arrivée à bon port. Il me reste maintenant quelques conseils à te donner, Alice du futur, pour continuer sur la lancée :
Médite, nage, chante, écris des lettres pour verbaliser tes maux, fixe ton cadre, dépasse-le, sois maîtresse de ton corps et de ton esprit, cesse de te prendre pour un renard, n'ai plus peur des hommes et du bruit des fusils, souviens-toi de toutes ces victoires et que TU NE MÉRITES PAS de souffrir. Ne prends les critiques qu'avec tes oreilles et non avec le cœur, ne laisse à plus personne le droit de te faire du mal, tiens bon quand tu es certaine de ton choix, pense à toi mais n'oublie pas de remercier, de poser l'intention et de laisser de la place aux autres. Et, enfin et surtout, attention lorsque tu marches pieds nus!
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire