J'ai besoin d'écrire ici. Mettre tout ça à plat, penser m'adresser à quelqu'un mais sans forcément être lue. C'est donc parfait par ici!
J'ai reçu un appel téléphonique tardif il y a presque 2 semaines pour un poste en librairie jeunesse indépendante, en Belgique. BIM, les 3 critères essentiels pour moi. Je n'ai pas caché ma joie, je me suis démenée pour arriver le plus vite possible. Je ne peux pas dire que j'ai été déçue par cette première rencontre et mes premières impressions... mais.
C'est stupide, on m'a fait comprendre, durant l'entretien d'embauche, qu'avoir lu 120 livres en 6 mois, appris le dépalettisage, l'encodage, le rangement, les retours et que le fait d'avoir conseillé dans la plus grande librairie indépendante de Belgique ne suffit pas.... C'est
presque à me demander si je sais réellement ce qu'est être une bonne
libraire. Je suis une débutante, j'ai presque tout à apprendre.... dans une petite librairie où tous les livres tiennent sur un mur. Un seul mur.
Je suis rentrée en France avec la promesse d'un appel dès le lendemain pour savoir si j'étais retenue ou non. J'étais partagée : tenter de faire un second entretien à Évreux (pour une grande surface culturelle, ce qui n'est absolument pas ce que je veux pour ma carrière), leur dire "merde" et partir en colonie avec mes supers copains ou espérer ardemment que la réponse soit "vous êtes prise, venez dès demain". La réponse ne venait pas, les heures passaient.... j'ai pris ça avec recul: si c'est oui, c'est tant mieux, si c'est non, c'est que je ne devais pas y travailler, et que ma petite appréhension était fondée. J'ai été prise, moins d'un mois après mon stage à
Bruxelles, avant ma soutenance de mémoire/stage. Avant d'être diplômée.
Certes, mon master n'est pas entièrement tourné vers le métier de
libraire.... ce dernier ne nécessite pas ce genre de formation. Mais nous étions 3 à prétendre au poste, c'est moi qui l'obtiens.
Je suis arrivée mardi à Liège. J'ai choisi au plus pratique et non sans précipitation... Mais je suis bien tombée. La maison où je suis en colocation a du charme, ses habitants sont chaleureux et ont su me mettre un peu à l'aise. Ma chambre est vraiment petite, mais je crois que ce cocon va me permettre de me reposer, c'est une transition nécessaire avant d'accepter qu'une nouvelle vie commence.
Maison du monde, tu me ruineras....
Même si j'ai conscience que personne ne passe par ici, je ne peux pas tout écrire. C'est encore tôt, et trop dur pour moi. Je dois accepter la solitude, la vraie, mais ne plus la voir comme une condamnation comme j'ai pu le faire par le passé. J'ai juste besoin de temps pour faire le deuil de ma relation amoureuse, cet exil me semble brutal pour le moment. Tout s'est enchaîné, je n'ai plus versé une seule larme depuis que je suis ici. Je lui ai juré que je serai heureuse, et j'y travaille chaque jour qui passe.... En me voilant pour l'instant la face, je ne peux pas me reconstruire si vite, même si j'ai pris de très, très bonnes résolutions.


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